Information sur infections à hantavirus
- Qu'est-ce qu'une hantavirose ?
L’hantavirose ou infection à hantavirus est une infection virale
transmise à l'homme par l'intermédiaire de différentes
espèces de petits rongeurs. Cette infection fait partie du groupe des
“fièvres hémorragiques”.
En Europe, la forme la plus fréquente est la “néphropathie
épidémique” (N.E.); elle se présente sous une forme
relativement bénigne par rapport aux autres formes d'hantavirose. Les
symptômes peuvent parfois être suffisamment sérieux pour
nécessiter une hospitalisation.
- Quel est le réservoir du virus ?
Dans nos régions, c'est principalement le campagnol roussâtre
(Clethrionomys glareolus - figure 1) qui est responsable de la propagation du
virus. Ce petit ron-geur mesure de 8 à 12 cm de long, son dos est brun
rouge et ses flancs grisâtres. Il habite les bois feuillus, les broussailles,
les lisières forestières, les parcs et pénètre parfois
l'hiver dans les maisons.
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Figure 1 : Campagnol
roussâtre (Clethrionomys glareolus)Dessin extrait de “Mammals”,
livre écrit par M. CLARK, publié par Hamlyn Children’s
Books, avec la permission de reproduction de Heine-mann Educational Books. |
- Comment attrape-t-on une hantavirose ?
L'homme se contamine lors de contacts directs ou indirects avec des rongeurs
infectés ou leurs excrétions. Les rongeurs infectés ne
font pas la maladie mais restent porteurs du virus et peuvent excréter
celui-ci durant probablement toute leur vie dans les urines ou les matières
fécales.
Les cas d’hantavirose apparaissent lorsque la population locale de rongeurs
est abondante (tous les 3 ans) et/ou fortement infectée par le virus;
une épidémie est donc à craindre en 2002 (figure 2).

Figure 2 : Evolution du
nombre de cas par 4 semaines (1996-2002)
Source : Laboratoire de référence
La transmission se fait principalement par la voie respiratoire,
par inhalation de particules virales contenues dans les excrétions du
rongeur, ou par contact lors d'une morsure par un rongeur infecté.
Il n’y a pas de risque connu d'attraper la maladie lors d'un contact avec
une personne qui a une hantavirose.
- Dans quelles régions observe-t-on l’hantavirose ?
En Belgique, c'est surtout dans la région de l'Entre-Sambre-et-Meuse
que la plupart des cas ont été diagnostiqués, en particulier
dans l’arrondissement de Thuin ainsi que dans ceux de Philippeville, Dinant,
Mons et Neufchâteau (figure 3).

Figure 3 : Répartition par arrondissement
du nombre de cas (1996-2002)
Source : Laboratoire de référence
- Quels sont les symptômes de l’hantavirose ?
Les symptômes, qui apparaissent en général de façon
brutale de 1 à 4 semaines après la contamination, peuvent être
les suivants :
- fièvre pouvant atteindre 40°C ou frissons (syndrome grippal),
- maux de tête,
- douleurs musculaires ou dorsales,
- éventuellement troubles de la vision et/ou douleurs oculaires, fugaces
mais typiques.
- Quel est le diagnostic de l’hantavirose ?
Le diagnostic est basé sur les symptômes cliniques et les examens
de laboratoire (hypoplaquettose). Il doit être confirmé par une
recherche dans le sang du patient des anticorps spécifiques dirigés
contre le virus.
Les lésions au niveau rénal ne sont souvent mises en évidence
que lors d’examens de laboratoire (protéinurie, élévation
de la créatinine, etc ...).
- Quel est le traitement de l’hantavirose ?
Dans la majorité des cas, il suffit de traiter la fièvre et les
maux de tête, de préférence avec des antalgiques contenant
seulement du paracétamol; l’aspirine et surtout les anti-inflammatoires
non stéroïdiens sont à éviter. Parfois, les atteintes
rénales et pulmonaires peuvent être importantes et le patient doit
bénéficier de soins de dialyse et/ou d'assistance respiratoire.
Des vaccins sont actuellement en cours de développement, destinés
surtout pour les pays où la maladie se présente sous une forme
plus grave.
Le pronostic est en général bon et la guérison se produit
généralement endéans les 2 à 3 semaines qui suivent
l’apparition des premiers symptômes, bien qu’un état
de fatigue peut persister longtemps.
- Qui peut attraper une hantavirose ?
La catégorie professionnelle la plus touchée est celle des travailleurs
du bois (bûcherons, gardes-chasse, ouvriers-scieurs, etc ...). Les personnes
ayant des activités en forêt ou résidant à proximité
des forêts sont concernées également.
La maladie est observée plus fréquemment chez les hommes que chez
les femmes. Les enfants en dessous de 10 ans sont rarement atteints.
Les personnes qui ont déjà fait une hantavirose ne risquent pas
de refaire la maladie car elles conservent dans le sang des anticorps qui les
protègent contre une nouvelle infection par le virus.
- Quels sont les principaux facteurs de risque de l’hantavirose
?
Les principaux facteurs de risque de l’hantavirose sont :
1. les contacts directs ou indirects avec les rongeurs :
- contacts avec les rongeurs vivants ou morts,
- contacts avec les matières fécales ou les déchets de
rongeurs,
- manipulation de terreau ou de terre contaminé(e);
2. le travail du bois :
- travail intensif du bois en forêt (coupe de bois, déplacement
de troncs, etc ...),
- manipulation de bois stocké (bois de chauffage);
3. les travaux dans l’habitation :
- travaux de bâtiment (rénovation de vieilles maisons),
- nettoyage (exposition à la poussière) de caves, greniers,
celliers ou poulaillers,
- réouverture d'un local resté fermé durant l'hiver.
L'exposition forestière occasionnelle, lors des activités de
loisirs (promenades, tourisme, jogging) n'est pas clairement associée
au risque de développer la maladie.
- Quelles sont les mesures de précaution à prendre pour
tenter de minimiser les risques d’attraper une hantavirose?
- Mesures générales en (bordure de) forêt et
au ni-veau de l’habitation :
- porter des gants en caoutchouc ou en plastic
pour manipuler des rongeurs vivants, ainsi que leurs nids, leurs pièges
ou leurs cadavres;
- placer un pansement sur toute blessure avant toute activité
à risque (cfr point 9);
- se mettre toujours dos au vent pour manipuler les rongeurs,
leurs excrétions ou leurs nids, ou pour manipuler du bois ou de la
terre;
- éviter de respirer très profondément
quand vous avez le visage près des rongeurs, de leurs matières
fécales ou de leurs nids ;
- éviter de rentrer dans des locaux fermés.
- Mesures particulières au niveau de l’habitation :
- placer les provisions et la nourriture des animaux dans des endroits inaccessibles
aux rongeurs;
- empêcher l’accès des rongeurs dans les habitations (boucher
les ouvertures);
- éliminer les abris utilisables par les rongeurs;
- placer des pièges ou utiliser des poisons spécifiques (rodenticides);
- lors de la fermeture d'une pièce ou d'une cabane pour l'hiver, s'assurer
qu’il n’y a pas de rongeurs à l’intérieur;
- lors de l'ouverture d'une pièce après l'hiver, vérifier
que l'endroit n'est pas contaminé par des déchets de rongeurs;
par contre, si c’est le cas, avant toute chose, aérer la pièce
pendant au moins 30 minutes;
- pour le nettoyage d’endroits contaminés par des rongeurs, avant
de passer un aspirateur (de préfé-rence) ou un balai, il faut
les asperger à l'aide d'une solution d'eau de Javel à 10% (le
virus est sensible aux désinfectants ménagers, et notamment
à l'eau de Javel) ou les laver à l’aide de linges ou de
torchons trempés dans le désinfectant; ces linges doivent ensuite
être éliminés.
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Laboratoire de Référence
Dr C. VANDENVELDE
Laboratory for Vector-Borne Diseases
Tél. : 02/264.40.44
Cette plaquette est disponible
aux adresses suivantes :
http://www.iph.fgov.be/epidemio/epifr/index8.htm
(plaquettes informatives)
ou
Madame G. DUCOFFRE
I.S.P. - Service d’Epidémiologie
Rue J. Wytsman, 14
1050 - Bruxelles
Tél. : 02/642.57.77
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Information
sur l’hantavirose
Institut Scientifique de la Santé Publique (I.S.P.)
Service d’Epidémiologie et Service de Virologie
en collaboration avec
la Communauté française de Belgique
Direction Générale de la Santé
et
le Laboratoire de Référence
Hôpital Militaire Reine Astrid
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